Conseils pour réussir un bac planté – Partie 1

Si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour réussir votre bac planté, il vous faudra prendre en considération plusieurs points importants avant de vous lancer dans l’aventure. Cet article va donc essayer de détailler au mieux les différents points à prendre en compte dans le cadre d’un bac planté.

Les premiers pas :

Avant de se lancer, il convient de réfléchir un minimum à son projet. Le plus simple est de mettre à l’écrit ses idées, ses attentes, son budget (et oui au final ça peut jouer sur la façon d’aborder son bac).

En fonction du volume projeté on va établir la population, ainsi que la plantation (mieux vaut éviter des grosses plantes dans un petit volume par exemple). La population voulue va rentrer en compte également, puisque certains poissons sont de bons grignoteurs de plantes (à éviter par exemple les ancistrus avec des Echinodorus) et surtout d’un point de vue besoins.

Il va être important également de déterminer le budget disponible pour le bac, en fonction de ce dernier l’équipement ne sera pas le même (en terme d’éclairage, de co2 par exemple). Le choix des plantes se fera donc en fonction de l’équipement : il faut adapter celles-ci aux conditions de maintenance qui vont leur être réservées.

Un bac planté, oui mais quoi ?

Il existe plusieurs styles de bacs plantés, il faudra donc déterminer dans quel style on souhaite s’orienter. Cela va jouer sur les finances (nécessité ou non d’acheter en plus des éléments de décors tels pierres ou racines, un éclairage plus ou moins intense, diffusion de co2 etc.), et sur l’agencement du bac ensuite.

Donc à voir si on souhaite s’orienter vers un bac naturel (dans le style d’Amano pour ne citer que lui avec donc roches et racines), vers un Iwagumi (roches), ou bien vers un bac hollandais (pas besoin de grand-chose à part des plantes).

Essayez de vous faire des contacts proches de chez vous : pour les plantes, poissons, décors ou même pour des conseils auprès d’une personne expérimentée, c’est toujours plus sympa de partager sur une passion commune et cela permet de récupérer une bonne partie des éléments à un faible coût.

Ensuite pour passer aux choses sérieuses il faudra déterminer l’emplacement du bac.

Il vaut mieux éviter de le mettre en contact direct avec la lumière du soleil, sous peine d’apparitions de certaines algues (certains sans sortent très bien avec un bac exposé, mais je préfère le déconseiller aux débutants).

Parlons technique :

Choix du sol :

Un élément important à prendre en compte va être le sol, ceci pour des raisons esthétiques mais aussi en ce qui concerne la future pousse des plantes.

Plusieurs solutions existent : mettre juste du sable ou quartz, mettre du sable ou quartz + sol nutritif (fait maison ou non), mettre un sol qui remplit les deux rôles.

Il conviendra de prendre en comptes les futures plantes maintenues, car certaines vont se nourrir essentiellement par leur feuillage, ainsi un sol nutritif ne sera pas vraiment utile. A contrario d’autres vont se nourrir essentiellement par les racines (Cryptocorynes ou Echinodorus par exemple) et dans ce cas là l’utilisation d’un sol nutritif sera plus justifié.

Rien n’empêche de mettre un sol nutritif même si on maintient des plantes peu exigeantes à ce niveau là, car par la suite on sera peut être tenté d’en maintenir d’autres espèces qui seront alors plus gourmandes, et il serait dommage de refaire tout un bac … De plus même si certaines plantes ne se nourrissent pas essentiellement par leurs racines, elles le font malgré tout.

A noter qu’il est possible dans le pire des cas de rajouter des boulettes d’engrais aux pieds des plantes afin de palier à l’absence de sol nutritif, ou bien de recharger ce dernier s’il commence à dater.

A noter également, le fait que le sol va s’enrichir naturellement au fil du temps.

D’autant plus si l’on dispose de Melanoïdes, ces petits escargots qui s’enterrent dans le sol le jour, ce qui permet d’enfouir les déchets (et donc d’enrichir le sol).

Donc d’un côté le sol va s’épuiser de ses éléments nutritifs de part la consommation des plantes, mais de l’autre il va s’enrichir grâce à la dégradation des déchets.

Mon avis (qui n’engage que moi donc) c’est qu’il n’est pas forcément nécessaire de renouveler son sol nutritif tous les ans (ou plus) car un certain équilibre va se créer à ce niveau.

Quant au choix du sol, il s’agira là d’un choix personnel, selon les goûts mais aussi les finances.

Faire son sol soi même sera bien entendu plus économique. Mais il est possible également d’utiliser des sols complets, certains permettant au passage de maintenir l’eau à certains paramètres (l’Aquasoil par exemple), et d’après les utilisateurs d’avoir une eau plus limpide.

Sinon on peut opter pour un sol nutritif + sable, ce qui peut être une bonne alternative. Ainsi on peut mettre la quantité que l’on désire de sol nutritif.

Je vous laisse la recette pour un sol maison pour ceux qui seraient intéressés :

Il vous faudra pour cela de l’argile (20% du mélange), du sable de Loire (40%) (Possibilité de remplacer par de la pouzzolane, qui fera un bon support bactérien mais qui permettra également de bien aérer le sol et de servir de fixation aux racines des plantes) et de la terre de bruyère (40%) (Attention, ne pas prendre de la terre dite de bruyère).

Pour commencer on tamisera la terre de bruyère afin d’enlever les plus gros résidus, ensuite on la mélange à l’argile puis ensuite on mélange le tout avec le sable.

Il s’agit là des grandes lignes, je vous laisse rechercher sur d’autres sites des informations plus précises.

Attention toutefois, ce genre de sol n’est pas compatible avec l’utilisation d’un câble chauffant.

Certains mettent une moustiquaire par-dessus leur sol nutritif, cela évitant les remontées de sol lorsque l’on décide de refaire son bac et déplacer les plantes.

Mais il est possible de s’en passer, il suffit juste de faire attention lorsque l’on déracine les plantes à ne pas tirer trop brusquement pour ne pas amener le sol nutritif avec.

Personnellement je n’ai jamais testé d’en mettre dans mes bacs donc je ne pourrais pas vous dire de comparatif entre avec ou sans.

L’éclairage :

Plusieurs technologies existent pour éclairer votre bac, certaines ont fait leurs preuves (HQI, T8), et d’autres sont en émergence (Leds), et qui sait, peut être qu’il s’agit de la nouvelle voie à suivre.

Pour commencer, d’une manière générale on conseille d’éclairer sur une période de 12h au maximum, ceci en continu.

Je ne suis pas partisan de la technique du « je coupe l’éclairage en milieu de journée » pour éviter les algues … Est-ce que dans la nature on a droit à une éclipse tous les jours ?

Les plantes pour faire leur photosynthèse de manière optimale ont besoin d’un éclairage en continu … donc stopper leur croissance pour éviter la prolifération des algues … on a vu mieux je pense.

Après c’est sûr chez certains ça marche, libre à vous de tester, mais personnellement je ne cautionne pas cette méthode !

En ce qui concerne le démarrage de votre aquarium, vous pouvez commencer par éclairer pendant 8h les premières semaines, puis augmenter la durée progressivement sur 12h, ceci permettant de limiter la progression des algues (même s’il semble souvent inévitable d’en avoir au début, le temps que l’aquarium s’équilibre).

Au passage je vous conseille l’achat d’un programmateur, afin que le bac se gère de lui-même pour l’allumage – extinction, cela évite les oublis, on a quelque chose de régulier, et en cas d’absence le bac s’autogère de ce point de vue.

Si le bac est éclairé par plusieurs sources lumineuses, disposant chacune d’une prise électrique, le mieux sera alors de disposer de plusieurs programmateurs pour opérer un décalage dans l’allumage – extinction afin de recréer un effet de lever du jour / coucher du jour, et de ne pas trop perturber les poissons.

En ce qui concerne l’éclairage en lui-même, plusieurs solutions s’offrent à vous.

Le choix va se faire en fonction de différents critères (budget, plantes maintenues, préférence esthétique du bac).

En effet, en fonction des plantes maintenues il n’y aura pas forcément besoin d’un super éclairage ayant besoin d’une centrale nucléaire à lui tout seul pour fonctionner. Par contre dans d’autres cas il faudra opter pour un éclairage tel que HQI ou T5, ce qui est souvent le cas lorsque l’on souhaite maintenir des plantes d’avant plan assez exigeantes.

Le choix peut se faire également en fonction du budget, les T8 seront moins chers que des T5 ou HQI, mais après le rendement n’est pas le même non plus, donc à voir selon les besoins.

Il peut également s’agir d’un choix esthétique, on trouve de belles rampes suspendues en HQI mais également en T5 ou T8, voir certaines rampes HQI +T5 qu’on trouve de plus en plus.

Une nouvelle technologie est en plein essor actuellement, et qui semble plutôt bien marcher. Il s’agit des rampes à Leds, qui se veulent plus économiques dans le temps, en termes de consommation notamment et de durée de vie notamment.

A noter qu’il convient de changer régulièrement les tubes ou ampoules, car à la longue leur spectre va se modifier, et même si à l’œil nu tout va bien, l’éclairage ne sera plus forcément optimal et pourrait avoir tendance à favoriser la croissance des algues.

Le CO2 :

Pour favoriser la croissance des plantes, il convient de faire des apports en CO2. Bien entendu ce n’est pas une obligation, mais ce sera un gros plus pour avoir de belles plantes en pleine santé !

Diverses solutions se présentent alors : CO2 sous forme liquide ou de pastilles à mettre dans le bac, le faire de manière artisanale, ou bien opter pour un kit « industriel ».

Pour ma part j’aurais tendance à dire que la solution du CO2 sous forme liquide ou de pastille n’est valable que pour les bacs de faibles volumes. Au maximum cela conviendrait pour des bacs de 60/80 litres. Au-delà cette solution ne serait pas des plus économiques ni optimales.

En dessous d’un volume de 150/200 litres, la solution artisanale reste une bonne alternative à un kit industriel. Au-delà le résultat risque de ne pas être au rendez vous.

A la limite on peut opter pour une méthode artisanale pour se rendre compte des effets du CO2 dans son bac, et ensuite opter pour un vrai kit.

A ce titre, plusieurs types de diffuseurs existent.

Le réacteur reste le mieux à mon humble avis, car il permet une dissolution maximale du CO2.

Certains optent, sur le même modèle que le réacteur, pour une diffusion directe dans leur filtre externe.

Pour les petits volumes, les diffuseurs avec céramique qui vont diffuser des micro-bulles sont généralement très efficaces. A éviter pour des volumes supérieurs à 150L à mon avis.

Sinon il y a les diffuseurs en escaliers ou en spirales qui sont tout autant efficaces et qui auront parfaitement leur place dans un bac de volume important (jusqu’à 500L je pense) à partir du moment où leur taille est adaptée au volume du bac (plus le diffuseur est grand et plus il permet une dissolution du CO2, à noter que généralement sur ce genre de diffuseur une cloche est située en haut pour récupérer l’éventuel CO2 non encore dissout).

Attention, il convient de remarquer qu’on ne verra jamais une bulle de CO2 se dissoudre totalement, il semblerait qu’un faux gaz se crée lors de son contact avec l’eau et de sa dissolution, ce qui expliquerait qu’une bulle de CO2 n’arrive jamais totalement dissoute en haut d’un flipper par exemple.

La fertilisation :

Les plantes sont comme nous, elles ont besoin de se nourrir pour vivre et prospérer.

Pour avoir de belles plantes il conviendra  donc d’avoir une fertilisation adaptée pour leur apporter tous les nutriments répondant à leurs besoins.

Si les plantes sont peu exigeantes ou peu nombreuses, on pourra alors parfois se passer de fertilisation, les éléments naturellement présents dans l’eau pouvant suffire, d’autant plus si l’eau est changée fréquemment.

Avec des plantes exigeantes mieux vaut opter pour une fertilisation liquide en plus de celle présente (ou non) dans le sol.

Libre à vous de vous orienter vers un engrais aquariophile complet, vers une gamme d’engrais (permettant de doser indépendamment chaque élément), ou bien vers des poudres de perlimpinpin (pour doser spécifiquement chaque élément, voir la méthode PMDD par exemple), ou bien vers des engrais pour plantes d’extérieures (qui nécessitent d’être scrupuleusement dosés car très concentrés, sinon risques d’algues).

Personnellement je vous conseillerai d’opter pour une fertilisation journalière. Ainsi les plantes auront en continu les nutriments dont elles ont besoins, sans pour autant qu’il n’y ait d’excès qui profiterait alors aux algues (ce qui est souvent le cas si on met l’engrais toutes les semaines après le changement d’eau ou encore moins fréquemment).

Au démarrage de l’aquarium, il est conseillé de ne pas fertiliser pendant les premières semaines, ceci pour plusieurs raisons :

Les plantes que l’on achète dans le commerce sont généralement cultivée sous leur forme émergée, il faut donc leur laisser le temps de s’adapter à une culture immergée (vous verrez alors les feuilles changer de forme, et parfois de couleur) ;

Si l’aquarium est démarré avec uniquement de l’eau du robinet, cette dernière est généralement relativement chargée en divers nutriments. Il faut donc laisser le temps aux plantes nouvellement installées de consommer ces nutriments, car si l’on en rajoute encore avec une fertilisation, on va créer un gros excès qui profitera aux algues.

Par contre contrairement à la fertilisation, le CO2 peut être démarré dès la plantation, afin de permettre aux plantes d’avoir une croissance optimale et de consommer les nutriments présents naturellement dans l’eau assez rapidement pour limiter la prolifération des algues typique au lancement d’un nouvel aquarium.

Un bac ouvert ou fermé ?

Cela va dépendre en partie de l’éclairage, et aussi des envies. Plusieurs points rentrent donc en compte.

Un bac ouvert va avoir un aspect esthétique indéniable, d’autant plus si on laisse émerger certaines plantes hors de l’eau (telles que de grandes Echinodorus). Cependant il conviendra de faire attention à l’évaporation qui sera plus importante (à compenser avec de l’eau osmosée), et à la fuite de certains poissons (tels que les poissons hachettes) ou invertébrés (les Caridina japonica et les escargots Neritinas sont les rois de l’évasion !)

Dans un bac fermé l’inconvénient sera la condensation qui pourra se faire sur le néon, et le calcaire qui va se déposer à long terme dessus, il faudra donc le nettoyer régulièrement.

Attention également en été aux montées de températures. Certains rajoutent des ventilateurs d’ordinateurs dans leur galerie pour bien aérer le tout.

La question du chauffage au sol :

Ce n’est pas une nécessité mais un plus. Il ne faut bien entendu pas compter là-dessus pour chauffer votre bac. L’idée étant de favoriser une circulation des nutriments au niveau des racines des plantes. De nombreux bacs s’en passent, à vous de tester de vous faire votre opinion (même s’il est en place on peut toujours le débrancher).

Attention, avec certains sols nutritifs il semblerait qu’il y ait un risque de fermentation du sol.

La Filtration :

Pour la filtration je vous recommande vivement d’opter pour un filtre externe, ou bien une décante extérieure, plutôt qu’une décante interne.

La décante interne présente plusieurs inconvénients : ça prend de la place dans le bac, difficile à camoufler, peu pratique d’accès en règle générale, et moins performante qu’un filtre externe.

En filtration externe, les modèles les plus performants semblent se tourner vers les filtres Eheim ou les JBL.

Il est recommandé de prendre un filtre ayant une puissance de trois fois le volume du bac par heure. A titre personnel je conseille de prendre un peu plus puissant, car le débit indiqué est un débit théorique (filtre sans masses de filtrations, ne tient pas compte de la remontée avec la hauteur d’eau). Bien entendu il conviendra de prendre en compte la population de l’aquarium dans le choix du filtre, certaines espèces de poissons n’appréciant pas trop le courant !

En ce qui concerne les masses de filtration, rien d’original : céramiques, mousses, ouate.

A proscrire : le charbon. En effet ce dernier est surtout utile pour capter le tanin des racines, ou après un traitement dans le bac pour capter les restes. Il ne convient pas pour une utilisation à long terme car il va également capter les éléments nutritifs dont les plantes ont besoin … la fertilisation ne servant alors à rien …

Pour ce qui est de l’ordre des masses de filtration, je dirai d’y aller du plus gros vers le plus fin dans le sens de circulation de l’eau. Car si on commence par filtrer directement sur le plus fin, les autres masses filtrantes ne serviront à rien.

Ce qui nous donne de l’entrée vers la sortie : céramiques / mousses / ouates.

Le brassage :

On remarque que de plus en plus d’aquascapeurs rajoutent des pompes de brassage en plus de leur filtre dans leur aquarium afin de fournir un brassage supplémentaire.

En effet le brassage est un élément très important dans un bac planté :

-Il favorise la circulation des nutriments présents dans l’eau (engrais + CO2) qui seront donc mieux distribués à l’ensemble des plantes.

-Un peu de brassage en surface ne fait pas de mal, si ce n’est pas trop violent cela ne dégazera pas le CO2 présent dans l’eau, et cela évitera la formation d’un voile bactérien qui couperait alors une partie de la lumière.

-Le brassage va également permettre d’éviter l’accumulation de zones mortes dans le bac, zones qui favoriseraient la propagation de certaines algues.

-Par la même occasion les éventuels déchets seront mieux brassés et envoyés vers le filtre. Car il faut bien avouer qu’il est difficile de siphonner un bac planté au vu de la densité de plantation.

Pour ajouter du brassage il est donc possible de rajouter des pompes de brassages, différents modèles existants : à flux directs ou bien à flux cisaillant (moins violents pour les plantes et poissons).

Il est également possible d’adjoindre à une pompe de brassage une canne percée, afin d’étaler le brassage sur plusieurs zones avec une seule pompe.

En ce qui concerne le positionnement des pompes, il faudra jongler avec le brassage déjà produit par le filtre, afin que les deux soient complémentaires.

Le bulleur :

A proscrire en bac planté !!!!! (Du moins la journée).

Le bulleur va avoir plusieurs effets néfastes en bac planté :

-Faire monter le pH de l’eau, les poissons et plantes ne vont pas forcément aimer cela

-Il va dégazer le CO2 présent dans l’eau, donc la diffusion sera annulée rapidement

De plus il n’y a pas besoin de bulleur pour oxygéner son bac puisque les plantes vont le faire naturellement lors de leur photosynthèse.

A la limite un bulleur la nuit n’est pas forcément inutile.

La journée les plantes consomment du CO2 et produisent de l’oxygène. La nuit c’est l’inverse, les plantes consomment de l’oxygène et rejettent du CO2.

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Choix des plantes :

Pour bien choisir les plantes, il faudra prendre en compte l’aspect technique du bac qui sera très important dans la maintenance des plantes. Toutes n’ont pas les mêmes exigences en termes d’éclairage notamment.

Il conviendra donc de se renseigner sur les plantes que l’on désire maintenir pour s’assurer qu’elles s’épanouiront dans l’aquarium. Il serait dommage en effet d’avoir un coup de cœur et de voir la plante dépérir quelques jours après sa plantation.

Il faudra également faire attention à ne pas acheter des plantes dites « aquatiques » dans les animaleries alors qu’il s’agit en fait de plantes pour aquaterrarium, qui n’auront qu’une durée de vie relativement faible en aquarium et qui finiront donc par pourrir et ainsi polluer l’aquarium …

Je vous conseille donc de noter les plantes qui vous plaisent et vous renseigner avant d’acheter.

Il y a autre point important à prendre en compte lors de l’achat des plantes. Bien souvent les plantes vendues dans le commerce le sont sous leur forme émergées (la grande majorité des plantes vendues pour aquarium étant des plantes palustres) et n’ont donc pas la même forme ni même parfois la même couleur que si elles étaient sous leur forme immergée. Donc prudence une nouvelle fois, une plante peut ne ressembler en rien à sa forme émergée une fois immergée.

L’un des éléments qui va le plus déterminer la réussite d’un bac va être sa plantation, il faut donc bien choisir les plantes afin que celles-ci se mélangent bien à différents niveaux : hauteur, forme des feuilles, couleurs etc.

En ce qui concerne la hauteur, en règle générale on considère que les plantes hautes vont à l’arrière de l’aquarium et inversement que les plantes basses vont sur le devant.

Ainsi les plantes basses ne seront pas cachées par des plantes plus hautes, et l’entretient sera moindre pour les feignants puisqu’il y aura moins besoin de tailler des plantes hautes situées à l’arrière de l’aquarium plutôt que sur le devant.

On peut cependant jouer sur la hauteur et placer des plantes hautes sur le devant de l’aquarium, ou à la rigueur en second plan. Cela inclut donc de devoir tailler ces plantes plus régulièrement afin de les maintenir à une certaine hauteur (pour ne pas gâcher la composition et ne pas faire d’ombre à d’autres plantes plus basses).

Evitez toutefois de prendre des plantes qui ne seraient pas adaptées au volume de votre aquarium : il serait un peu hasardeux de placer une grosse Echinodorus dans un aquarium d’une cinquantaine de litres en sachant qu’au mieux de leur forme les feuilles seront plus hautes que l’aquarium.

Second point à prendre en compte, le feuillage des plantes. En effet vous l’aurez déjà remarqué mais toutes les plantes n’ont pas la même forme en ce qui concerne leur feuillage.

Il sera donc judicieux de jouer là-dessus lors de vos créations.

Ainsi dans un premier temps peut-on mêler des plantes ayant un feuillage relativement similaire mais qui diffère par exemple au niveau de la couleur ou bien de la hauteur (dans ce cas là vous pouvez jouer de vos ciseaux). Les plantes doivent malgré tout pouvoir être différenciées sous peine que l’œil ne se perde trop dans la composition.

Autre point sur lequel jouer, varier les plantes quant à leur feuillage en mélangeant des plantes relativement différentes. Cela permettra de trancher et nuancer la composition.

Par exemple, on pourra opposer des plantes à tiges (type Rotalas) avec des plantes en bouquet (type Cryptocorynes).

Un autre point à prendre en compte également : la couleur des plantes.

Pour renforcer l’impact visuel de l’ensemble du bac, il conviendra de jouer également sur les couleurs des plantes.

L’utilisation de plantes vertes et de plantes rouges sera donc recommandée, mais on peut très bien jouer également sur les différents tons de rouges ou de verts.

Il convient de placer les plantes rouges plus au fond de l’aquarium, et les plantes vertes devant celles-ci. Par exemple placer au fond de l’aquarium de la Rotala rotundifolia, et devant cette dernière de la Rotala Sp. Green, les feuillages sont assez similaires, mais les couleurs opposées, le rouge ressortira ainsi beaucoup mieux.

On pourra par la suite rajouter de légères touches de rouge sur le milieu du bac, avec un petit bosquet de Ludwigia repens rubin ou de Ludwigia arcuata par exemple. Cela renforcera également l’impact visuel du bac en variant les couleurs aux différents niveaux de la plantation.

Liste de plantes généralement utilisées (liste non exhaustive) :

Les plantes gazonnantes (ou plantes basses) :

Hemianthus callitrichoides cuba, Glossostigma elatinoides, Lilaoepsis, Eleocharis, Riccia fluitans, Marsilea etc.

Pour voir comment obtenir un beau tapis vous pouvez consulter l’article y faisant référence : ICI.

Les plantes pouvant être accrochées sur un support :

Riccia fluitans, Vesicularia dubyana (mousse de java), Microsorum, Bolbitis, Anubias etc.

Les plantes vertes :

Ludwigia repens, Hygrophila polysperma, Limnophila sessiliflora, Cabomba caroliniana, Rotala sp green, Heteranthera zosterifolia, Hemianthus micranthemoides, Micranthenum umbrosum, Bacopa, Vallisnerias nana, Rotala nanjenshan etc.

Les plantes rouges :

Ludwigia repens rubin, Ludwigia glandulosa, Ludwigia arcuata, Ludwigia inclinata cuba, Rotala rotundifolia, Rotala indica, Alternanthera reineckii, Hygrophila polysperma rosanervig, Nesea crassicaulis, Ammania gracilis, Didiplis diandra, Limnophila aromatica, Eusteralis stellata etc.

Les plantes pouvant être mis au plan intermédiaire :

Cryptocorynes, Blyxa japonica, Hemianthus micranthemoides, Micranthenum umbrosum, Ludwigia arcuata, Potamogeton gayi, Juncus repens, Bacopa caroliniana etc.

Bien choisir les plantes de son bac n’est pas toujours une chose aisée, surtout quand on débute et que l’on ne connait pas trop l’aspect qu’elles vont avoir une fois sous leur forme immergée, ni une fois qu’un massif bien dense sera composé. De plus on peut se rendre compte après achat qu’une plante ne convient finalement pas dans la composition. Dans ce cas il ne faut pas hésiter à s’en séparer (et tant qu’à faire l’échanger contre une autre plante avec un autre aquariophile) plutôt que se retrouver coincé avec quelque chose qui ne nous plait pas.

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Un hardscape ?

Mais qu’est ce que ce terme barbare me direz-vous. Il s’agit des éléments qui vont constituer le décor du bac autre que les plantes. En bac planté on retrouvera surtout des racines et / ou des roches.

Ces différents éléments utilisés conjointement ou non permettent d’apporter une touche naturelle à la composition.

Quelques petites précautions à prendre quant à leur utilisation :

Pour les roches :

Vérifiez tout d’abord quelles ne sont pas calcaires (avec du vinaigre ou encore mieux avec de l’acide chlorhydrique) En effet des roches calcaires vont avoir pour conséquence de monter la dureté l’eau, ce qui n’est généralement pas recommandé dans le cadre d’un bac planté (tout dépend des paramètres de votre eau et aussi de la population envisagée) car les plantes préfèrent une eau relativement douce.

Avant de les mettre dans votre aquarium, il conviendra de les brosser à l’aide d’une brosse métallique puis les faire bouillir pour éviter l’introduction d’éléments non désirables.

Evitez également de ramasser des roches pleines de sel, les poissons n’apprécieront pas trop …

De même évitez de faire tremper vos roches dans de l’eau de javel si elles sont poreuses, car même après plusieurs rinçages il reste toujours un risque de relargage dans l’eau du bac.

Pour les racines :

Faites attention au type de bois utilisé, préférez l’utilisation de racines vendues dans le commerce, au moins vous serrez sûr de ne pas les voir pourrir dans votre aquarium. Le cas échéant si vous ramassez du bois dans la nature, il faudrait que le bois soit sec afin de ne pas relâcher de sève dans l’eau, et le mieux serait encore de résiner toute la racine pour éviter tout risque.

Avant d’utiliser votre racine il convient de la faire bouillir si possible, afin qu’elle dégorge son tanin et qu’elle se gorge d’eau plus rapidement (les fibres de bois auront tendance à se dilater). Sinon la faire tremper plusieurs jours. SI ce n’est pas possible il faudra s’attendre à voir l’eau jaunir, rien de nocif pour les poissons, mais ce n’est pas toujours très esthétique. Au fur à mesure des changements d’eau cette couleur ambrée finira par disparaître.

Dans le cas où la racine ne coulerait pas vous pouvez toujours la lester pour la maintenir en place, et attendre qu’elle se gorge d’eau une fois en place dans l’aquarium.

Schéma de plantation :

Maintenant que les plantes sont choisies, il peut être intéressant de réaliser au préalable un schéma de plantation afin de bien établir le nombre de plantes en présence, leur positionnement entre elles etc.

Pour se faire le plus simple est de réaliser une vue de dessus qui permettra de bien déterminer l’emplacement de chaque plante. Il conviendra alors de bien respecter les proportions du bac, mais aussi des plantes maintenues.

On peut également procéder en complément par un schéma en vue frontale, afin de déterminer la hauteur de chaque massif et imaginer le résultat final (bon là je pense qu’il faut un minimum de talent artistique si on veut dessiner de belles plantes ^^).

Pour bien réaliser ce schéma de plantation il conviendra de bien respecter les proportions concernant les dimensions du bac, et surtout essayer de bien repérer les proportions des futurs massifs de plantes, ce qui n’est pas toujours une chose facile.

D’autres (comme moi ^^) préfèrent se passer d’un schéma de plantation et y aller au feeling.

Pour que vos plantes aient un aspect visuel accru, il conviendra d’avoir des massifs bien denses, c’est pourquoi je vous invite, si ce n’est pas déjà fait, à lire l’article abordant ce point. D’une part les plantes seront mieux mises en valeur et d’autre part cela permettra d’éviter de mettre plein de plantes différentes faisant un peu catalogue de plantes, ou bien de laisser de petits massifs chétifs clairsemés.

Voici quelques exemples de forme de plantation pour vous donner une idée de ce qui est réalisable :

La plantation triangulaire : Il s’agit là de faire un triangle plus ou moins visible. Un effet de pente sera donc recherché.

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La plantation concave : Les côtés sont surélevés par rapport au milieu du bac, on obtient ainsi un effet de vague.

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La plantation convexe : La plantation est surélevée au milieu du bac, on obtient également comme dans le cadre d’une plantation un effet de vague, mais ce dernier ce fera dans le sens inverse.

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La plantation linéaire : Il s’agit ici d’un « mur de plantes » où l’on essayera de donner de la profondeur à la composition en effectuant une plantation par étages.

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Deux massifs distincts : Ce schéma reprend la plantation concave mais on effectue ici une coupure un peu plus nette entre chaque côté de l’aquarium.

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Îlot central : La plantation consiste ici en un massif central entouré d’une plante gazonnante.

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Cette liste d’exemples n’est pas exhaustive, libre à vous de sortir des schémas préétablis et d’adopter votre propre style, ce qui sera un gage d’originalité et donc parfois de succès.

Au final il conviendra de créer un point d’accroche visuel dans votre bac. Ce point sera celui qui devra captiver au premier abord le regard de l’observateur.

Il faut généralement éviter de placer ce point au milieu du bac mais plutôt l’excentrer légèrement sur la gauche ou la droite.

Ce point d’accroche visuel pourra être constitué soit du hardscape (une grosse roche ou racine idéalement placée et ayant une forme ou couleur particulière permettant de la détacher du reste de l’aquarium et d’accrocher rapidement le regard) ; soit d’une plante plus ou moins imposante : soit une plante de grosse taille située en milieu de plan se détachant des autres plantes l’entourant, ou bien d’un massif bien coloré (rouge généralement) perdu au sein de plantes de la même couleur (vertes la plupart du temps) pour rompre l’impact visuel.

LA SUITE PARTIE 2

Une réflexion sur “ Conseils pour réussir un bac planté – Partie 1 ”

  1. Bonjour.
    Viens de lire votre article.Très intéressant pour moi du faite que je refait mon aquarium de 200L. voulant changer de thème végétal.
    Vraiment cet article m’apporte des conseils très utiles

    Vous remercie

    Cordialement

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